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La Cuisine du Monde

dimanche 15 février 2026

POLENTA AU BEURRE FONDU, AU FROMAGE FONTINA ET AU SPECK EN VIDÉO


La recette de polenta concia revisitée par Giorgione avec de la fontina, du speck et un ingrédient secret : une cascade de beurre fondu





Cette recette est une version savoureuse de la polenta concia (polenta enrichie), typique de la Vallée d'Aoste en Italie. Elle combine la douceur de la polenta onctueuse, la richesse du Fontina fondu et le croquant salé du speck.



INGRÉDIENTS pour 4 PERSONNES
Polenta : 250 g à 300 g de semoule de maïs (classique ou instantanée)
Liquide : 1 litre à 1,2 litre d'eau (ou moitié eau/lait pour plus d'onctuosité)
Fromage : 200 g à 300 g de Fontina AOP (croûte retirée, coupé en dés ou râpé grossièrement)
Beurre : 80 g à 100 g de beurre de bonne qualité (beurre demi-sel de préférence)
Charcuterie : 100 g à 150 g de tranches de Speck (coupées en lanières ou en petits dés)Assaisonnement : Sel, poivre, et éventuellement du parmesan râpé.


PRÉPARATION :
Cuisson de la polenta : 
Portez l'eau salée à ébullition dans une casserole à fond épais (ou un chaudron en cuivre/paiolo).
Versez la polenta en pluie tout en remuant constamment avec un fouet pour éviter les grumeaux.

Mijotage : 
Réduisez le feu au minimum et laissez cuire en remuant régulièrement avec une cuillère en bois (45 min pour la polenta classique, 2-7 min pour l'instantanée).
La polenta doit être épaisse mais crémeuse.

Incorporation (La "Concia") : 
Hors du feu, incorporez la moitié du beurre et la quasi-totalité du Fontina en dés.
Remuez vigoureusement jusqu'à ce que le fromage soit complètement fondu et filant.

Préparation du Speck : 
Pendant la cuisson de la polenta, faites revenir les lanières de speck à la poêle avec le reste du beurre jusqu'à ce qu'elles soient croustillantes.

Service : 
Versez la polenta dans un plat creux ou des assiettes individuelles. Répartissez le speck croustillant et le reste de beurre fondu de la poêle sur le dessus.

Finition (Optionnelle) : 
Pour une version encore plus gourmande, passez le plat quelques minutes sous le grill du four pour gratiner.

Conseils
Fontina : C'est le fromage idéal car il fond facilement tout en ayant un goût de noisette caractéristique.

Variante : 
Vous pouvez ajouter un peu de sauge dans le beurre fondu pour aromatiser le plat.

Accompagnement : 
Servez avec une salade verte pour équilibrer la richesse du plat.

samedi 14 février 2026

AMATRICIANA DE CHEF EN VIDÉO

 Visite du restaurant Il Convivio Troiani où le chef propriétaire Angelo Troiani nous montre comment cuisiner sa version des pâtes Amatriciana -



L'histoire de l'Amatriciana est une épopée culinaire qui lie les montagnes des Abruzzes aux tables de Rome.

1. L'ancêtre : La Gricia
À l'origine, au Moyen Âge, ce plat s'appelait la Gricia (ou Griscia). C’était le repas des bergers d’Amatrice (petite ville autrefois située dans les Abruzzes, aujourd'hui dans le Latium). Ils emportaient dans leurs transhumances des ingrédients faciles à conserver : du guanciale (joue de porc), du pecorino et des pâtes sèches. La Gricia est donc une Amatriciana "blanche", sans tomate.

2. L'arrivée de la tomate
La tomate, venue d'Amérique, n'a été introduite dans la sauce qu'à la fin du XVIIIe siècle. La première mention écrite de cette variante rouge apparaît en 1790 dans l'ouvrage L'Apicio Moderno de Francesco Leonardi. Ce dernier a popularisé la recette à la cour papale, faisant passer ce plat rustique de berger au rang de mets raffiné.

3. La conquête de Rome
Au XIXe siècle, de nombreux habitants d'Amatrice ont migré vers Rome pour ouvrir des auberges (hostarie). Ils y ont apporté leur recette, qui est devenue si populaire qu'elle est aujourd'hui considérée comme l'un des piliers de la cuisine romaine, aux côtés de la Carbonara et de la Cacio e Pepe.

Anecdotes et Patrimoine
Protection officielle : Depuis 2020, l'Amatriciana est reconnue comme Spécialité Traditionnelle Garantie (STG) par l'Union Européenne afin de protéger sa recette originelle des imitations.Le débat de l'oignon : Bien que certaines recettes romaines modernes en ajoutent, la commune d'Amatrice a formellement interdit l'oignon et l'ail dans la recette codifiée de 2000.
Le format : À Amatrice, on utilise historiquement des spaghettis, alors qu'à Rome, le bucatino est devenu la norme.

Ingrediente pou4 personnes
Joue de porc croustillante
  • 160 g de joue de porc assaisonnée, coupée en fines tranches et en lanières
Sauce
  • 200 g de joue de porc coupée en tranches (pas trop épaisses)
  • 200 g de pulpe de tomate
  • 400 g de tomates pelées
  • 50 g d'oignon rouge
  • 2 t de vinaigre balsamique et vinaigre de vin mélangé
  • 80 g de pecorino romain
  • Piment rouge, sel et poivre selon les besoins.
  • 400 g de spaghettis « Felicetti »

Préparation :
Spaghettis « Felicetti »



Faire rôtir la joue de porc assaisonnée, coupée en lanières, à la poêle jusqu'à ce qu'elle soit croustillante. Dans une autre poêle, à feu très doux, saisissez le porc tranché, ajoutez l'oignon rouge et l'ail et laissez-les fondre. Versez le vinaigre balsamique et laissez-le s'évaporer, puis ajoutez les tomates. Salez et poivrez si nécessaire. Ajoutez les piments de votre choix. Laissez cuire 6 à 7 minutes à feu très doux. Retirez la joue de porc de la sauce. Faites cuire les pâtes à l'eau salée. Retirez-les bien « al dente ». Versez les pâtes dans la poêle et mélangez-les à la sauce. Retirez la poêle du feu et ajoutez du pecorino.



Présentation :
Servez les pâtes dans les assiettes et garnissez de pecorino et de joue de porc croustillante. Servez chaud.

RIGATONI ALLA GRICIA EN VIDÉO

 

  Les recettes les plus simples sont souvent les plus appréciées, pas vrai ? Comme ce plat de pâtes typiquement romain qui est très populaire chez nous : spaghetti alla gricia. Ça prend seulement 4 ingrédients : des spaghettis, du poivre noir, du guanciale (ou pancetta) et du pecorino Romano. On dit que cette recette serait l'ancêtre de all'amatriciana avant l'arrivée des tomates dans la région. C'est simple et c'est bon


INGRÉDIENTS pour 4 PERSONNES
400 g de rigatonis
200 g de guanciale, coupé en petits cubes
Poivre noir fraîchement moulu
Fromage pecorino romano, finement râpé (plus pour la garniture)
 
PRÉPARATION 
1. Hachez et faites revenir le guanciale à feu doux. Une fois croustillant, séparez-le de la graisse grésillante et réservez.

2. Broyez les grains de poivre et râpez finement le fromage Pecorino.

3. Portez l'eau de cuisson à ébullition, salez-la et ajoutez les macaronis ou les rigatonis.

4. Une fois cuits, sans jeter l'eau de cuisson, égouttez les pâtes et ajoutez-les à la poêle contenant la graisse chaude fondue du guanciale.

5. Ajoutez le poivre noir fraîchement moulu et mélangez bien.

6. Ajoutez 60 g | 60 g de pecorino, un peu d'eau de cuisson et bien mélanger – répéter cette étape deux fois.

7. Laisser reposer 2 minutes…

8. Dresser et ajouter le guanciale croustillant et le reste de pecorino par-dessus




SALTIMBOCCA À LA ROMAINE EN VIDÉO


Goûtez-y et dites-nous ce que vous en pensez dans les commentaires.


Les "saltimbocca" à la romaine sont l'une des spécialités les plus célèbres de la cuisine typique de Rome. Il s'agit de fines tranches de viande de veau, agrémentées de jambon cru et de sauge, sautées à la poêle.
Le nom veut dire "saute en bouche". Cela veut dire que ce plat est tellement bon qu'on ne peut pas y résister, ça saute dans la bouche.
Préparer les "saltimbocca" c'est très simple et très rapide. On les sert comme plat, accompagnés avec de la purée de pommes de terre ou de la salade.

 
Recette précédentes :
Mercredi 15 juin : https://lacuisinedumondedeje.blogspot.com/2022/06/saltimbocca-la-romaine.html
Mardi 19 avril 2022 : https://lacuisinedumondedeje.blogspot.com/2022/04/saltimbocca-la-romaine-originale.html
 
INGRÉDIENTS pour 4 PERSONNES
400 g de noix de veau nettoyée
8 tranches de jambon cru (parme ou san daniele)
16 feuilles de sauge grandes
30 g de farine
40 g de beurre demi-sel
2 c. à s. d'huile d'olive
½ verre de vin blanc sec
 
PRÉPARATION :
A l'aide d'un couteau à viande bien aiguisé, coupez la noix de veau en tranches très fines.
A l'aide d'un attendrisseur pour viande ou avec le dos d'un verre, tapez sur les tranches de viande pour les aplatir et les rendre encore plus tendres.
 


Coupez les tranches de jambon à moitié, répartissez-les sur les tranches de viande, afin de les recouvrir.





Déposez une feuille de sauge sur le jambon. Fermez délicatement avec un cure-dent.

Farinez seulement le dessous de la viande.
 

Faites fondre le beurre dans une poêle anti-adhésive. Ajoutez l'huile d'olive.
Quand ça commence à mousser, déposer la viande dans le mélange de beurre fondu et d'huile, côté sauge au-dessus.
Faites rissoler la viande 2 minutes d'un côté et 2 minutes de l'autre, jusqu'à ce que ses bords soient dorés.
Déglacez avec le vin blanc. Poursuivez la cuisson quelques secondes.

 
Servez les saltimbocca immédiatement, chauds.
 
Conseils
Le secret pour la réussite de cette recette, c'est de choisir avant tout des bons produits : de la noix de veau, tendre et maigre, du jambon cru pas trop salé, comme le jambon de Parme ou le San Daniele et des feuilles de sauge fraîche suffisamment grandes pour en sentir la saveur.
On n'ajoute pas de sel, vu que le jambon est déjà salé.

SPAGHETTI ALLA CHITARRA AVEC BOULETTES DE VIANDE STYLE TERAMA

 


Spaghetti alla teramana, chitarra aux boulettes de viande, une entrée traditionnelle des Abruzzes , spectaculaire et délicieuse dans sa simplicité .

Aujourd'hui, je vous présente ma version de cette sauce. Certains ajoutent les boulettes de veau à une sauce bolognaise déjà riche et savoureuse.


Pour ma part, j'ai voulu les incorporer, après les avoir fait revenir, à un bon ragoût de légumes afin d'en rehausser la saveur. Cette sauce est excellente pour accompagner n'importe quelle entrée.


Dans les Abruzzes, elle sert à assaisonner les classiques SPAGHETTI ALLA CHITARRA ou à enrichir les traditionnels TIMBALLO DI SCRIPPELLE/CRÊPES.

INGRÉDIENTS :
Pour les boulettes de veau
500 g de veau haché,
1 jaune d'œuf,
sel et poivre,
1/2 cuillère à café de noix de muscade,
50 g de parmesan (ou fromage de votre choix),
huile d'arachide pour la cuisson des boulettes de veau.

INGRÉDIENTS POUR 4/6 PERSONNES
Pour le ragoût :
600 g de concentré de tomates,
3 branches de céleri blanc, 1 bouquet de basilic,
2 grosses carottes,
1 gros oignon,
huile d'olive vierge extra,
sel et poivre.

PRÉPARATION
BOULETTES DE VIANDE
1) Placez la viande hachée dans un grand bol et émiettez-la légèrement à la fourchette.
2) Cassez l'œuf, ajoutez deux pincées de sel, deux cuillères à soupe de pecorino râpé, une pincée de poivre et de noix de muscade.
3) Mélangez bien le tout.
Mon conseil : faites-le à la main ; le résultat n'en sera que meilleur, croyez-moi.
4) Armez-vous de patience et prélevez de petites portions de viande que vous roulerez entre vos mains.
Vous devriez obtenir des boulettes d'environ un centimètre de diamètre .
5) Disposez les boulettes progressivement sur une grande plaque légèrement farinée.
Veillez à ne pas les superposer.
6) Une fois la viande prête, couvrez les boulettes de film alimentaire et mettez-les au réfrigérateur.
SAUCE
7) Lavez, épluchez et hachez finement la carotte, le céleri et l'oignon.
8) Prenez une grande poêle antiadhésive.
9) Versez 3 cuillères à soupe d'huile, ajoutez les légumes hachés et faites-les revenir à feu doux pendant quelques minutes.
10) Lorsque la sauce est légèrement dorée, ajoutez les boulettes de viande et faites-les bien dorer de tous les côtés.
11) Lorsqu'elles sont bien dorées, ajoutez le vin blanc, augmentez légèrement le feu et laissez l'alcool s'évaporer.
12) À ce stade, retirez la moitié des boulettes de viande à l'aide d'une écumoire et réservez-les dans un bol.
13) Écrasez les tomates pelées à la main et ajoutez-les dans la poêle, mélangez bien et laissez mijoter la sauce pendant 5 minutes à feu moyen-doux.
14) Ajoutez ensuite les boulettes de viande réservées (réservez-en quelques-unes pour la décoration).
15) Ajoutez le basilic (réservez également quelques feuilles pour la décoration).
16) Mélangez bien et laissez cuire encore 2 ou 3 minutes.
17) Goûtez, rectifiez l'assaisonnement si nécessaire et retirez du feu. chaleur
SPAGHETTIS
18) Dans une casserole d'eau bouillante légèrement salée, faites cuire les spaghettis.
19) 4 minutes avant la fin de la cuisson, égouttez-les directement dans la poêle contenant la sauce.
20) Remettez la poêle sur le feu et ajoutez une louche d'eau de cuisson des pâtes.
21) Laissez mijoter 2 à 3 minutes pour bien mélanger les saveurs.
22) Retirez du feu et attendez une minute.
23) Ajoutez une généreuse pincée de pecorino râpé et un tour de moulin à poivre.
24) Mélangez bien et servez.
25) Dressez les spaghettis dans des assiettes en nid (ou selon votre préférence).
26) Enfin, décorez avec les boulettes de viande réservées, un peu de pecorino et une feuille de basilic.
Les spaghettis alla teramana et les chitarra aux boulettes de viande sont prêts !
Il ne reste plus qu'à les servir et à recevoir les compliments bien mérités de tous.




vendredi 13 février 2026

SAUTÉ DE VEAU AUX OLIVES COMME EN CORSE EN VIDÉO


SAUTÉ DE VEAU AUX OLIVES COMME EN CORSE
Un sauté de veau au vin blanc et parfaitement assaisonné, idéal pour toutes les occasions

Le sauté de veau aux olives (u vittelù à l’oliveti) n'est pas qu'une simple recette ; c'est un pilier de l'identité culinaire de l'Île de Beauté, dont l'histoire s'enracine dans les paysages et les modes de vie insulaires.

1. Des origines pastorales séculaires
L'histoire de ce plat remonte à des siècles de tradition pastorale. En Corse, le veau a toujours été élevé en liberté, se nourrissant des herbes du maquis, ce qui confère à sa viande (souvent plus rosée que celle du continent) un goût sauvage et parfumé unique.

2. Le mariage de la montagne et de la plaine
Le succès de cette recette vient de l'alliance de deux produits fondamentaux de l'économie corse :L'olivier : Présent depuis l'Antiquité, il est le symbole des plaines et du littoral.
Le veau : Symbole de l'élevage de montagne et des terres intérieures.

3. Un plat de fête et de convivialité
À l'origine, ce ragoût était un plat de circonstance. Bien qu'il se soit aujourd'hui démocratisé pour devenir le déjeuner classique du dimanche, il était traditionnellement réservé aux repas de fête, aux mariages ou aux grandes réunions familiales. Sa cuisson lente (mijotage) permettait aux femmes de s'occuper d'autres tâches pendant que le plat "se faisait tout seul".

4. L'influence génoise et méditerranéenne
Comme beaucoup de plats corses, le sauté de veau porte l'empreinte des influences méditerranéennes, notamment génoises. L'utilisation du concentré de tomates et le déglaçage au vin sont des marqueurs de cette cuisine de partage commune aux régions latines, mais réinterprétée avec les herbes locales (thym, sauge, romarin).
Aujourd'hui, il reste le plat le plus commandé dans les auberges de l'intérieur, car il incarne à lui seul "l'âme" de la Corse : un mélange de rudesse montagnarde et de douceur méditerranéenne.
 

INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES

1,5 kg de flanchet de veau avec os et de côtes secondes sans os en gros morceaux de 6 cm environ

2 c. à s. d’huile d’olive

100 g de lardons fumés en dés

1 gros oignon

3 gousses d’ail

400 g de carottes

100 g d’olives vertes dénoyautées

12 petits oignons grelots

1 c. à s. de tomates séchées ou de concentré de tomate

20 cl de vin blanc

1 branche de romarin

2 brins de thym frais

2 feuilles de laurier

farine

sel

poivre

 

PRÉPARATION

Préchauffez le four à 160 °C (th. 5-6). Farinez légèrement la viande. Dans une cocotte, faites-la revenir dans l’huile en plusieurs fois sans les superposer. Remplacez-les par les lardons et faites-les dorer 5 min.

 

Pendant ce temps, pelez et émincez l’oignon. Pelez l’ail et écrasez-le. Remplacez la viande par l’oignon et l’ail dans la cocotte. Laissez fondre 10 min. Salez légèrement et poivrez la viande. Pelez et émincez les carottes, égouttez et rincez les olives sauf si elles sont conservées dans de l’huile. Pelez les oignons grelots, hachez les tomates séchées et effeuillez les herbes.

 

Replacez la viande dans la cocotte. Mélangez les tomates ou le concentré avec le vin et versez sur la viande. Diluez un peu de farine dans un peu d’eau et versez dans la cocotte puis versez 20 cl d’eau. L’eau doit presque recouvrir la viande. Ajoutez les herbes, couvrez et faites cuire 2 h 30. Ajoutez les carottes et les olives au bout de 1 h de cuisson. Retirez le couvercle 30 min avant la fin de la cuisson.

 

Si la sauce ne nappe pas assez, faites-la réduire à part. Accompagnez ce plat de pommes de terre bouillies.

VIRTU TERAMANE MINESTRONE DES ABRUZZES EN VIDÉO

Virtù teramane (Vertus à la façon de Térame)

La recette en vidéo
Préparation du plat emblématique de la cuisine traditionnelle de Teramo : Le Virtù. Cette recette est inspirée de celle publiée par Rino Faranda dans son ouvrage « Gastronomia teramana » (1977). Bon appétit !




Térame est l’une de ces villes dont on n’entend jamais parler aux informations. Dans la région des Abruzzes, elle se classe première pour la qualité de vie. Mais attention, il y a l’envers du décor : la vie y est douce, certes, mais pas si l’on considère le travail, l’environnement, les transports et l’administration publique, sans même parler de la criminalité. Comme dans de nombreux coins d’Italie, la ville est au milieu du gué entre une industrialisation déclinante et l’effacement des modes de vie ancestraux.


Et pourtant… dans un territoire montagneux comme les Abruzzes, la province de Térame, nichée entre le massif imposant du Gran Sasso (parc national) et la côte adriatique (située à seulement 50 km) est une terre bénie pour l’agriculture. La paysannerie y est encore bien vivante. Ses traditions, ancestrales, sont encore calquées sur le rythme des saisons.


Quand vient le printemps, au premier mai, les villages participent à la préparation d’une recette collective très ancienne, le Virtù (les vertus). Il s’agit d’une soupe épaisse de légumes frais, cuits avec des pâtes, de la viande, des légumes secs, et tout un tas d’autres choses. En italien, généralement, une telle soupe est un minestrone, sorte de grand frère de la plus petite minestra. Le mot dérive apparemment du verbe latin ministrare, l’action accomplie par le minister, le serviteur qui s’affolait au tour des tables, pendant les banquets.


Mais l’origine des Virtù se perd dans la nuit des temps, lorsque les peuplades indo -européennes de la péninsule fêtaient l’arrivée du printemps en célébrant la déesse protectrice de la fertilité et de la nature, connue à l’époque gréco-romaine sous le nom de Maia (la nourricière). En son honneur, les prêtres de son mari, le dieu du feu Volcanus, sacrifiaient aux calendes de maius (le 1 mai) une truie gestante pour féconder la terre et favoriser la croissance des végétaux (maius=plus grand…).


De nos jours, on a gardé pratiquement tous les ingrédients de l’Antiquité (on y a simplement ajouté des tomates). Même la cuisson, jusqu’il y a peu de temps, était encore effectuée dans un grand chaudron, au feu de bois (et on imagine bien là l’importance du travail d’équipe).
Une seule chose est certaine : à Térame on ne dit pas minestrone !

Il convient d’énumérer les ingrédients, susceptibles de varier dans chaque famille et chaque communauté. Histoire de se mettre en appétit. Soyez donc indulgents si j’en oublie quelques-uns en chemin. Commençons d’abord avec les légumes frais, présents en abondance : des blettes, du chou-fleur, de la laitue, des fèves, des endives, des navets, des petits pois, des artichauts, des asperges, des broccolis, des pommes de terre, des courgettes, des carottes, des épinards, du fenouil… il vaut mieux ébouillanter la veille les légumes les plus coriaces.

Ingrédients pour 4 personnes :
Il faut tenir compte du fait que les légumes frais réduisent en volume, lorsqu’il sont cuits. Mais il ne faut pas exagérer avec les quantités et tenir compte de la taille de la casserole : si vous n’avez pas des gros volumes, un ou deux pièces, ou quelques poignées (ou 100 g.) de chaque variété : haricots, petits pois, pois chiches, lentilles, fèves, laitue, blette, carottes, endives, chou-fleur, brocolis, pommes de terre, céleri, navets, chicorée (si vous la trouvez), épinards, fenouils, asperges, artichauts, persil, marjolaine, romarin, sauge, thym, menthe, noix de muscade, poivre noir, clous de girofle, oignon, ail ; 250 g. de jambon cru, 100 g. de lard, 100 g. de couenne, un os de jambon, 400 g. de sauce tomate ; 400 g. de pâtes dures et fraîches, huile extra vierge d’olive, vin blanc.

On y ajoute des légumes secs, des haricots et des lentilles sèches (des variétés italiennes, j’ai mis celles des Pouilles), qu’il faut faire tremper dès la veille.


Des pois chiches également.


Et aussi de la couenne de porc, avec un os de jambon. Comme disaient les anciens, tout est bon dans le cochon…


Le jour J, les légumes secs et la couenne devront être ébouillantés pendant un bon quart d’heure avant la cuisson principale. En revanche, il suffira de peu (six minutes) pour ébouillanter les petits pois, directement dans leur gousse (ce sera plus facile après les écosser).

Les fèves (déjà écossées) ont besoin d’un peu plus de temps (vingt minutes). Mais pour éviter qu’elles noircissent, il faut ajouter aussi du jus de citron.


Ensuite, place pour les autres légumes frais, à couper en tronçons (ou à éplucher), avant de les mettre dans une (très grande) casserole.


Les asperges, étant donné leur fragilité, doivent être introduites en dernier.


Il y en d’autres, bien plus solides, dont il faut prendre soin…


Mais avant de bouillir, il faut frire. La base des virtù est constituée d’un trito (haché) de légumes frais – fenouil (à Térame ils utilisent le fenouil sauvage, dit annit en patois), carotte et céleri – avec des gras nobles : du lard (ou de la bas joue) et du jambon sec en morceaux, de l’ail et de l’oignon, plus des aromates : clous de girofle, noix de muscade, poivre noir moulu, et sel.


Et ce n’est pas fini ! C’est d’ailleurs là la touche un peu bourgeoise de la recette : on y ajoute de toutes petites paupiettes de viande hachée de veau…


Certains légumes – comme les artichauts, les courgettes et les navets – auront droit au double supplice de l’eau et du feu. D’abord il faut retirer les pieds, et couper en morceaux les cœurs d’artichauts. Ensuite, il faut les laisser une demi heure dans l’eau acidulée avec du jus de citron. Puis, égouttés, les faire sauter dans la poêle en compagnie des courgettes et des navets…


…avec de l’huile extra vierge et du cumin, pour donner davantage de saveur à l’ensemble.


Bien. C’est le moment de tout mettre ensemble. On commence avec l’ail et l’oignon à dorer dans de l’huile d’olive. Puis le haché de tout à l’heure. Touillez, ajoutez un verre de vin blanc, attendez qu’il soit évaporé, et puis…


…ajoutez au fur et mesure tous les légumes frais et secs, les paupiettes, la couenne en morceaux, les aromates (marjolaine, thym, romarin, menthe, sauge, laurier, persil, basilic), un peu d’eau de cuisson, et laissez mijoter une dizaine de minutes. Ajoutez à présent de la sauce tomate, et attendez encore un quart d’heure. Vous pourrez alors vous consacrer au dernier ingrédient…


…les pâtes, sèches et fraîches. Celles de blé dur iront tout de suite dans les virtù pour cuire le temps nécessaire, tandis que pour celles de blé tendre on attendra les dernières minutes.


Le résultat c’est un mix des goûts et de parfums sans nul autre pareil.




Pour accompagner un plat de tradition, il faut un vin blanc du terroir. Le Trebbiano d’Abruzzo A.O.C. est cultivé dans les provinces de Chieti, L’Aquila et Térame. Le même cépage est utilisé en France pour la production de l’Armagnac et du Cognac. Dans les Abruzzes, il est connu au moins depuis l’époque romaine : Pline l’Ancien l’appelait uinum Trebulanum. Sa particularité est due aux conditions climatiques favorables, entre les montagnes et la mer, et aux terrains colinéaires où il pousse, calcaires et argileux.

POLENTA AU BEURRE FONDU, AU FROMAGE FONTINA ET AU SPECK EN VIDÉO

La recette de polenta concia revisitée par Giorgione avec de la fontina, du speck et un ingrédient secret : une cascade de beurre fondu Cet...