Heure actuelle en Italie

La Cuisine du Monde

mercredi 9 septembre 2026

FRICOT AU POULET ACADIEN


Recette inspirée de l’ouvrage La cuisine traditionnelle en Acadie
de Marielle Cormier-Boudreau et Melvin Gallant


Le fricot au poulet – que l’on appelle aussi bouillon ou fricot à la poule – est de loin le plus populaire en Acadie. Le fricot était autrefois un mets de grandes occasions. Lorsque de la visite arrivait ou qu’il y avait une fête regroupant beaucoup de gens, comme les frolics, les corvées ou les veillées, on tuait une poule pour faire un fricot. Aujourd’hui encore, presque toutes les familles acadiennes font du bon fricot!

Le gruau frigo trouve ses racines dans le muesli moderne, inventé en Suisse vers 1900 par le médecin Maximilian Bircher-Benner.

Au Canada, sa popularité a explosé récemment pour des raisons pratiques et culturelles :


Les origines du concept

  • Le muesli original : Conçu comme un traitement diététique à base de flocons d'avoine crus trempés dans l'eau, servis avec des pommes râpées, des noix et du lait condensé.
  • L'évolution nord-américaine : Le concept a traversé l'Atlantique, troquant l'eau pour le lait ou le yogourt, et s'est transformé en overnight oats (gruau frigo) dans les années 2010.

Pourquoi le Canada l'a adopté

  • Tradition de l'avoine : L'avoine est une culture majeure au Canada (notamment dans les Prairies), ancrée dans l'alimentation depuis l'arrivée des colons écossais.
  • Le sirop d'érable : L'ajout systématique de sirop d'érable a "canadianisé" cette recette en remplaçant le sucre ou le miel européen.
  • Mode de vie urbain : Le rythme de vie rapide à Montréal, Toronto ou Vancouver a popularisé ce déjeuner "prêt à emporter" (grab-and-go).
  • Anti-gaspillage : Le mouvement "vide-frigo", très fort au Québec (popularisé par des chefs comme Florence-Léa Siry), l'a transformé en solution parfaite pour vider les restes de petits fruits, de lait ou de graines. 

INGRÉDIENTS POUR 6 PERS. :

  • 1 poulet
  • 30 ml (2 c. à soupe) de beurre
  • 1 gros oignon haché
  • 15 ml (1 c. à soupe) de farine
  • 3 l (12 t.) d'eau
  • 15 ml (1 c. à soupe) de sarriette
  • 1,25 l (5 tasses) de patates, en dés
  • 500 ml (2 tasses) de carottes coupées en rondelles
  • 250 ml (1 tasse) de céleri taillé en morceaux
  • Sel et poivre

 PRÉPARATION : 

1.   Couper le poulet en morceaux. Faire dorer de tous les côtés dans la matière grasse.

2.   Enlever les morceaux et faire revenir l’oignon. Ajouter la farine. Laisser cuire 1 ou 2 minutes.

3.   Ajouter l’eau, le poulet, le sel, le poivre et la sarriette. Laisser cuire jusqu’à ce que le poulet soit tendre (environ une demi-heure).

4.   Ajouter les pommes de terre, les carottes et le céleri. Laisser cuire encore 20 minutes.


 Variante

Très souvent on ajoute des pâtes au fricot (voir la recette ci-dessous). Dans ce cas, on omet la farine et on dépose les pâtes sur le fricot 7 minutes avant la fin de la cuisson. Il est important de ne pas découvrir le chaudron durant la cuisson des pâtes.

 PÂTES

1.   Dans un bol, mélanger 250 ml (1 t.) de farine, 3 ml (½ c. à thé) de sel et 15 ml (3 c. à thé) de poudre à pâte.

2.   Détremper avec 125 ml (½ t.) d’eau froide (pas plus).

3.   Déposer par cuillerées dans le fricot ou le pot-en-pot.

4.   Laisser cuire 7 minutes en prenant soin de ne pas ouvrir le chaudron durant la cuisson, pour obtenir de belles pâtes.


lundi 7 septembre 2026

GNOCCHETTIS AUX COURGETTES ET AU SAUMON FUMÉ


Aujourd'hui, nous préparons de délicieux petits gnocchis crémeux aux courgettes et au saumon fumé, un vrai régal en entrée ! Cette recette simple et rapide vous séduira à chaque bouchée. Elle est idéale pour ceux qui recherchent des recettes savoureuses et rapides, notamment celles à base de courgettes et de pâtes au saumon fumé !

L'origine et la popularité de ce plat allient la tradition millénaire des gnocchis à l'évolution de la cuisine italienne dans les années 1980 et 1990 .

Voici les principales étapes de son histoire :

1. L'origine des gnocchis

  • Les gnocchis comptent parmi les plus anciennes pâtes d'Italie.
  • À l'origine, ils étaient faits avec de la farine et de l'eau, parfois avec de la chapelure.
  • Le tournant moderne s'est produit au XVIIIe siècle, avec l'introduction des pommes de terre d'Amérique, qui ont rendu le plat moelleux et l'ont rendu très répandu.

2. L'essor du saumon fumé (années 1980)

  • Dans les années 1980, le saumon fumé est devenu un symbole de luxe et de modernité.
  • Cet ingrédient nordique s'est rapidement ancré dans les habitudes italiennes.

3. L'évolution de la lumière et la rencontre avec les courgettes (années 1990 - aujourd'hui)

  • On introduit la courgette, un légume délicat qui atténue le goût salé du saumon.

Les gnocchettis aux courgettes et au saumon fumé sont une entrée crémeuse, facile et rapide, prête en 15 à 20 minutes environ. 

INGRÉDIENTS DE LA RECETTE POUR 4 PERS. :

  • Gnocchettis : 500 g à 600 g

Caractéristiques : Ils ont exactement la même composition de pommes de terre et de farine, mais sont deux fois plus petits que les gnocchis standards.

Avantage en cuisine : Elles cuisent en quelques secondes et sont parfaites pour les sauces crémeuses et rapides (comme celle aux courgettes et au saumon) car elles se mélangent mieux sans se briser.

  • Saumon fumé : 150 g (coupé en fines lanières)
  • Courgettes romaines : 2 belles pièces (avec leurs fleurs si possible)
La courgette romaine (souvent appelée Zucchino Romanesco ou Costata Romanesco) est une variété ancienne de courgette originaire de la région du Latium en Italie. Elle se distingue radicalement de la courgette cylindrique sombre classique que l'on trouve habituellement en supermarché.
Ses caractéristiques uniques
L'aspect visuel : Elle possède une couleur vert clair striée de lignes plus sombres. Sa silhouette est facettée et fortement côtelée, ce qui lui donne une magnifique forme d'étoile une fois coupée en rondelles.
La texture et le goût : Sa chair est exceptionnellement dense, croquante et très peu aqueuse. Elle développe une saveur douce très recherchée qui rappelle subtilement la noisette.
La fleur persistante : C'est sa grande spécialité. La fleur femelle reste fermement attachée au fruit longtemps après la récolte, ce qui permet de cuisiner le légume et sa fleur en même temps.

  • Ricotta fraîche : 200 g
  • Ail : 1 gousse (entière, juste pour parfumer l'huile)
  • Huile d'olive extra-vierge : 2 cuillères à soupe
  • Zeste de citron bio : le zeste d'un demi-citron (indispensable pour réveiller la ricotta et le saumon)
  • Sel et poivre noir du moulin : selon votre goût

 

💡 L'astuce du chef pour réussir la sauce à la ricotta

La ricotta ne doit jamais bouillir, sinon elle risque de (granuler) et de perdre son onctuosité.

Comment faire ?

1.   Travaillez la ricotta à la fourchette dans un bol avec le zeste de citron et un peu de poivre.

2.   Juste avant d'égoutter les gnocchettis, prélevez une louche de leur eau de cuisson bien chaude.

3.   Délayez doucement la ricotta dans le bol avec cette eau pour obtenir une crème lisse et fluide.

4.   Versez cette crème dans la poêle avec les courgettes et le saumon hors du feu, puis jetez-y les gnocchettis pour lier le tout en mélangeant délicatement.

 

PRÉPARATION :

1.   L'eau des gnocchettis : Mettez une grande casserole d'eau à bouillir. Ne salez que légèrement (le saumon apporte déjà beaucoup de sel).

2.   La courgette : Lavez la courgette romaine. Coupez-la en fines rondelles étoilées ou en petites allumettes. Si vous avez la fleur, retirez le pistil à l'intérieur, coupez les pétales en lanières et réservez-les.

3.   Le saumon : Taillez les tranches de saumon fumé en lanières de taille moyenne.

4.   La crème de ricotta : Dans un bol, mélangez la ricotta avec le zeste de citron râpé et un bon tour de poivre noir. Écrasez le tout à la fourchette pour l'assouplir.

Étape 2 : La cuisson des courgettes romaines (5 min)

1.   Dans une grande poêle, faites chauffer l'huile d'olive avec la gousse d'ail entière (légèrement écrasée avec la paume de la main).

2.   Dès que l'ail commence à dorer et à parfumer l'huile, retirez-le de la poêle.

3.   Jetez les courgettes dans la poêle sur feu vif pendant 3 à 4 minutes. Elles doivent dorer légèrement tout en restant croquantes (al dente).

4.   Ajoutez la moitié du saumon fumé, coupez immédiatement le feu et laissez reposer dans la poêle tiède.

Étape 3 : La cuisson des gnocchettis et le liant (3 min)

1.   Plongez les gnocchettis dans l'eau bouillante.

2.   Le secret de la sauce : Juste après avoir plongé les gnocchettis, prélevez une petite louche d'eau de cuisson de la casserole. Versez-la petit à petit dans votre bol de ricotta en remuant jusqu'à obtenir une crème lisse et veloutée.

3.   Dès que les gnocchettis remontent à la surface de l'eau (cela prend généralement 1 à 2 minutes), ils sont cuits. Récupérez-les à l'aide d'une écumoire et transférez-les directement dans la poêle avec les courgettes.

Étape 4 : L'assemblage final (2 min)

1.   Hors du feu (très important pour que la ricotta ne tranche pas), versez la crème de ricotta et le reste du saumon fumé frais dans la poêle.

2.   Si vous aviez les fleurs de courgettes, ajoutez les lanières maintenant.

3.   Mélangez délicatement le tout pendant quelques secondes. La chaleur des gnocchettis va faire fondre la ricotta et créer une sauce incroyablement enrobante.

4.   Servez immédiatement dans des assiettes creuses avec un dernier tour de poivre du moulin.

Pour accompagner ce plat, un vin blanc sec et frais (comme un Vermentino ou un Pinot Grigio) se mariera parfaitement.


MOULES FRITES EN BEIGNET


L'histoire des cozze fritte (et des moules en général) est profondément ancrée dans la cuisine populaire des régions côtières italiennes, en particulier dans le Sud de l'Italie comme les Pouilles, la Campanie et la Sicile.


Les origines de la moule en Italie
  • La nourriture du peuple : Historiquement, la moule (cozza) était considérée comme le « fruit de mer des pauvres ». Contrairement aux huîtres ou aux langoustes, les moules poussaient en abondance sur les rochers côtiers et étaient faciles à récolter gratuitement.
  • La culture de Tarente : C'est dans les Pouilles, et plus précisément à Tarente (Taranto), que lamytiliculture (l'élevage des moules) s'est développée à grande échelle dès le XIVe siècle grâce aux conditions uniques de la mer Petite (Mar Piccolo). Les moules y sont devenues une véritable religion culinaire.

L'apparition de la friture : Une cuisine de rue et de fête

  • L'art du recyclage : La friture était la méthode idéale pour rendre n'importe quel ingrédient incroyablement savoureux et nourrissant. Les pêcheurs et les familles modestes utilisaient de l'huile locale (souvent de l'huile d'olive de second choix ou de l'huile de graines plus tard) pour frire le poisson invendu ou les petits coquillages.
  • Le boom de la "Pastella" : L'utilisation de la pastella (la pâte à beignet) trouve ses racines dans l'influence de la cuisine napolitaine et espagnole (les buñuelos). Enrober les moules de pâte permettait de "gonfler" visuellement le plat pour rassasier plus de personnes avec moins de matière première, tout en protégeant la chair délicate de la moule de la chaleur directe de l'huile.
  • Le snack de bord de mer : Au XXe siècle, avec l'essor du tourisme balnéaire en Italie, les cozze fritte et les cozze in pastella sont passées des cuisines familiales aux friggitorie (boutiques de friture) de rue, servies dans des cornets en papier (cuoppo), à déguster chaudes face à la mer.

Pouilles vs Naples : La guerre historique de la moule

 Bien que géographiquement proches, les Pouilles et la Campanie (Naples) ont développé deux philosophies culinaires distinctes pour cuisiner la moule, dictées par leurs ressources locales.

1. Les Pouilles : La pureté du produit et le fromage

Dans les Pouilles, et particulièrement à Tarente (la capitale historique de la moule), la tradition veut que l'on respecte la texture brute du coquillage.

  • La technique ancienne : Historiquement, les moules n'étaient pas plongées dans une pâte à beignet liquide (pastella). On préférait les ouvrir à cru (au couteau), puis les passer dans une panure sèche à base de chapelure fine, d'ail, de persil et de Pecorino râpé (ou de Parmigiano).
  • La raison historique : Les Pouilles sont une terre d'élevage de brebis et de production de blé dur. L'association terre-mer (fromage et poisson) y est culturelle. La friture y est fine, croustillante et laisse la moule au centre de l'assiette.

2. Naples : L'art de la Pastella et du gonflement

À Naples, la friture est un art de rue conçu pour nourrir le peuple à bas coût.

  • La technique ancienne : Les Napolitains ont popularisé les cozze in pastella. Les moules sont décoquillées puis plongées dans une pâte liquide à base de farine, d'eau (parfois gazeuse ou fermentée avec un peu de levure) et de poivre noir (la pastella).
  • La raison historique : Enrober la moule de pâte permettait de doubler, voire tripler le volume visuel du plat. Avec une petite quantité de moules, on obtenait un beignet généreux et très rassasiant, idéal pour les ouvriers du port.

 L'origine du "Cuoppo" de la mer italien

Le cuoppo (le cornet de papier) est le symbole absolu de la street food napolitaine. Son histoire est intimement liée à la pauvreté et à l'ingéniosité du peuple napolitain.

  • Le papier paille (Carta Paglia) : À l'origine, au XIXe siècle, les fritures de rue étaient servies dans un cône de papier recyclé, épais et absorbant, de couleur jaune-brun. Ce papier bon marché était parfait pour absorber l'excès d'huile et permettre de manger en marchant sans se brûler les mains.
  • La nourriture "à crédit" (O' ogge a otto) : Le cuoppo était la nourriture des plus démunis. À Naples, il existait une tradition appelée oggi a otto (aujourd'hui pour dans huit jours) : les clients pauvres achetaient leur cuoppo de friture au comptoir et ne le payaient que huit jours plus tard, quand ils recevaient leur maigre salaire.
  • Le contenu historique : Le cuoppo di mare traditionnel contenait des "volailles de mer" (les petits poissons bon marché que les pêcheurs n'arrivaient pas à vendre aux riches), des morceaux de calmars, des crevettes grises et des moules en beignet (cozze in pastella).

 Voici comment préparer de succulentes cozze fritte in pastella (moules frites en beignet). La pastella (pâte à beignet italienne) enveloppe les moules pour créer un contraste parfait entre le croustillant aérien et le moelleux iodé du coquillage.

 INGRÉDIENTS POUR 4 PERS. :

  • Moules : 1 kg de moules fraîches
  • Farine : 100 g de farine 00 (ou farine de riz pour plus de légèreté)
  • Liquide pour la pâte : 100 ml de bière blonde très froide ou d'eau gazeuse glacée
  • Œuf : 1 œuf entier
  • Aromates : 1 gousse d'ail, persil frais haché
  • Friture : Huile de graines (arachide ou tournesol)
  • Assaisonnement : Sel et poivre

 PRÉPARATION :

1. Cuisson et décoquillage des moules

  1.   Nettoyez soigneusement vos moules en retirant les impuretés et le byssus.
  2.   Jetez-les dans une grande poêle bien chaude avec l'ail et un peu de persil. Couvrez et laissez-les s'ouvrir à feu vif pendant 2 à 3 minutes.
   3. Retirez-les dès qu'elles s'ouvrent pour éviter qu'elles ne durcissent.
   4.   Enlevez complètement les coquilles.

  Astuce de chef : Filtrez et réservez 2 à 3 cuillères à soupe de leur jus de cuisson pour parfumer votre pâte. Laissez refroidir les moules et séchez-les bien sur du papier absorbant.

2. Réalisation de la Pastella (Pâte à beignet)
1.   Dans un saladier, battez l'œuf avec la farine.

2.   Incorporez progressivement la bière ou l'eau gazeuse très froide (le choc thermique avec l'huile chaude garantit le croustillant) tout en fouettant vigoureusement pour éviter les grumeaux.

3.   Ajoutez le persil haché et les cuillères de jus de cuisson des moules réservées pour rehausser le goût iodé. Le mélange doit être lisse, nappant et semi-épais.


3. Friture

1.   Faites chauffer un grand volume d'huile de friture dans une casserole ou une friteuse à environ 175°C-180°C.
2.   Plongez les moules séchées dans la pâte pour bien les enrober.
3.   Prélevez-les une à une (ou par petites cuillerées) et déposez-les délicatement dans l'huile chaude.
4.   Laissez frire pendant 1 à 2 minutes seulement, jusqu'à ce que la pâte soit bien gonflée et dorée.
5.   Égouttez sur du papier absorbant, ajoutez un tour de moulin à poivre et une pincée de sel, puis servez immédiatement avec des quartiers de citron.

dimanche 6 septembre 2026

MOULES FRITES EN BEIGNET


L'histoire des cozze fritte (et des moules en général) est profondément ancrée dans la cuisine populaire des régions côtières italiennes, en particulier dans le Sud de l'Italie comme les Pouilles, la Campanie et la Sicile. 


Les origines de la moule en Italie

  • La nourriture du peuple : Historiquement, la moule (cozza) était considérée comme le « fruit de mer des pauvres ». Contrairement aux huîtres ou aux langoustes, les moules poussaient en abondance sur les rochers côtiers et étaient faciles à récolter gratuitement.
  • La culture de Tarente : C'est dans les Pouilles, et plus précisément à Tarente (Taranto), que lamytiliculture (l'élevage des moules) s'est développée à grande échelle dès le XIVe siècle grâce aux conditions uniques de la mer Petite (Mar Piccolo). Les moules y sont devenues une véritable religion culinaire.

L'apparition de la friture : Une cuisine de rue et de fête

  • L'art du recyclage : La friture était la méthode idéale pour rendre n'importe quel ingrédient incroyablement savoureux et nourrissant. Les pêcheurs et les familles modestes utilisaient de l'huile locale (souvent de l'huile d'olive de second choix ou de l'huile de graines plus tard) pour frire le poisson invendu ou les petits coquillages.
  • Le boom de la "Pastella" : L'utilisation de la pastella (la pâte à beignet) trouve ses racines dans l'influence de la cuisine napolitaine et espagnole (les buñuelos). Enrober les moules de pâte permettait de "gonfler" visuellement le plat pour rassasier plus de personnes avec moins de matière première, tout en protégeant la chair délicate de la moule de la chaleur directe de l'huile.
  • Le snack de bord de mer : Au XXe siècle, avec l'essor du tourisme balnéaire en Italie, les cozze fritte et les cozze in pastella sont passées des cuisines familiales aux friggitorie (boutiques de friture) de rue, servies dans des cornets en papier (cuoppo), à déguster chaudes face à la mer.

Pouilles vs Naples : La guerre historique de la moule 

Bien que géographiquement proches, les Pouilles et la Campanie (Naples) ont développé deux philosophies culinaires distinctes pour cuisiner la moule, dictées par leurs ressources locales.

1. Les Pouilles : La pureté du produit et le fromage

Dans les Pouilles, et particulièrement à Tarente (la capitale historique de la moule), la tradition veut que l'on respecte la texture brute du coquillage.

  • La technique ancienne : Historiquement, les moules n'étaient pas plongées dans une pâte à beignet liquide (pastella). On préférait les ouvrir à cru (au couteau), puis les passer dans une panure sèche à base de chapelure fine, d'ail, de persil et de Pecorino râpé (ou de Parmigiano).
  • La raison historique : Les Pouilles sont une terre d'élevage de brebis et de production de blé dur. L'association terre-mer (fromage et poisson) y est culturelle. La friture y est fine, croustillante et laisse la moule au centre de l'assiette.

2. Naples : L'art de la Pastella et du gonflement

À Naples, la friture est un art de rue conçu pour nourrir le peuple à bas coût.

  • La technique ancienne : Les Napolitains ont popularisé les cozze in pastella. Les moules sont décoquillées puis plongées dans une pâte liquide à base de farine, d'eau (parfois gazeuse ou fermentée avec un peu de levure) et de poivre noir (la pastella).
  • La raison historique : Enrober la moule de pâte permettait de doubler, voire tripler le volume visuel du plat. Avec une petite quantité de moules, on obtenait un beignet généreux et très rassasiant, idéal pour les ouvriers du port. 

L'origine du "Cuoppo" de la mer italien

Le cuoppo (le cornet de papier) est le symbole absolu de la street food napolitaine. Son histoire est intimement liée à la pauvreté et à l'ingéniosité du peuple napolitain.

  • Le papier paille (Carta Paglia) : À l'origine, au XIXe siècle, les fritures de rue étaient servies dans un cône de papier recyclé, épais et absorbant, de couleur jaune-brun. Ce papier bon marché était parfait pour absorber l'excès d'huile et permettre de manger en marchant sans se brûler les mains.
  • La nourriture "à crédit" (O' ogge a otto) : Le cuoppo était la nourriture des plus démunis. À Naples, il existait une tradition appelée oggi a otto (aujourd'hui pour dans huit jours) : les clients pauvres achetaient leur cuoppo de friture au comptoir et ne le payaient que huit jours plus tard, quand ils recevaient leur maigre salaire.
  • Le contenu historique : Le cuoppo di mare traditionnel contenait des "volailles de mer" (les petits poissons bon marché que les pêcheurs n'arrivaient pas à vendre aux riches), des morceaux de calmars, des crevettes grises et des moules en beignet (cozze in pastella). 

Voici comment préparer de succulentes cozze fritte in pastella (moules frites en beignet). La pastella (pâte à beignet italienne) enveloppe les moules pour créer un contraste parfait entre le croustillant aérien et le moelleux iodé du coquillage. 

INGRÉDIENTS POUR 4 PERS. :

  • Moules : 1 kg de moules fraîches
  • Farine : 100 g de farine 00 (ou farine de riz pour plus de légèreté)
  • Liquide pour la pâte : 100 ml de bière blonde très froide ou d'eau gazeuse glacée
  • Œuf : 1 œuf entier
  • Aromates : 1 gousse d'ail, persil frais haché
  • Friture : Huile de graines (arachide ou tournesol)
  • Assaisonnement : Sel et poivre

 PRÉPARATION :

1. Cuisson et décoquillage des moules

1.   Nettoyez soigneusement vos moules en retirant les impuretés et le byssus.

2.   Jetez-les dans une grande poêle bien chaude avec l'ail et un peu de persil. Couvrez et laissez-les s'ouvrir à feu vif pendant 2 à 3 minutes.

3.   Retirez-les dès qu'elles s'ouvrent pour éviter qu'elles ne durcissent.

4.   Enlevez complètement les coquilles.

5.   Astuce de chef : Filtrez et réservez 2 à 3 cuillères à soupe de leur jus de cuisson pour parfumer votre pâte. Laissez refroidir les moules et séchez-les bien sur du papier absorbant.

2. Réalisation de la Pastella (Pâte à beignet)

1.   Dans un saladier, battez l'œuf avec la farine.

2.   Incorporez progressivement la bière ou l'eau gazeuse très froide (le choc thermique avec l'huile chaude garantit le croustillant) tout en fouettant vigoureusement pour éviter les grumeaux.

3.   Ajoutez le persil haché et les cuillères de jus de cuisson des moules réservées pour rehausser le goût iodé. Le mélange doit être lisse, nappant et semi-épais.

3. Friture

1.   Faites chauffer un grand volume d'huile de friture dans une casserole ou une friteuse à environ 175°C-180°C.

2.   Plongez les moules séchées dans la pâte pour bien les enrober.

3.   Prélevez-les une à une (ou par petites cuillerées) et déposez-les délicatement dans l'huile chaude.

4.   Laissez frire pendant 1 à 2 minutes seulement, jusqu'à ce que la pâte soit bien gonflée et dorée.

5.   Égouttez sur du papier absorbant, ajoutez un tour de moulin à poivre et une pincée de sel, puis servez immédiatement avec des quartiers de citron.




FRICOT AU POULET ACADIEN

Recette inspirée de l’ouvrage La cuisine traditionnelle en Acadie ,  de Marielle Cormier-Boudreau et Melvin Gallant Le fricot au poulet – q...